samedi 16 janvier 2010

Entre deux pierres mayas : un iguane

Nos dernières virées naturalistes sont très liées à la découverte des sites précolombiens de la péninsule du Yucatan. Plus ou moins enfouies dans la jungle, nous visitons notamment les cités mayas de Coba, Ek’Balam, Uxmal, Tulum et Chichen Itza. Les mayas ont bel et bien quitté ces cités mais la faune y est toujours présente. L’un des habitants de ces ruines est l’iguane noir, ou cténosaure (Ctenosaura similis).

Aux heures chaudes de la journée, cet iguane terrestre quitte les cavités formées par les vieilles pierres pour se réchauffer au soleil. Savoir repérer ces reptiles est le plus difficile pour les photographier : bien camouflés sur les flancs des pyramides, nous les distinguons seulement lorsqu’ils se déplacent. L’aide des gardes présents sur les sites archéologiques est parfois même indispensable !

L’iguane noir est commun en Amérique centrale et les ruines mayas ne sont pas son unique habitat. Lors d’une pause pique-nique au milieu d’une mangrove, le long de la côte caraïbe, nous avons l’occasion d’en observer plusieurs sur les racines des palétuviers. Sans doute attirés par l’odeur de nos boîtes de thon, ils se sont aimablement prêtés à une séance photo à quelques centimètres de notre objectif.

mardi 5 janvier 2010

La loi du plus fort


Dans les forêts tropicales humides du Nouveau Monde, ce n'est pas un coq mais un singe qui réveille les habitants de la jungle au lever du soleil. L'alouate, plus communément appelé singe hurleur, est capable de se faire entendre sur plus de 3 kilomètres à la ronde. Même habitués à son cri surpuissant, nos poils se hérissent à chaque fois que nous entendons, au dessus de notre tente, les mâles marquer leur territoire avec leurs cordes vocales.


Photographier le singe hurleur (ici l’espèce Alouatta pigra, ou hurleur du Guatemala) est un véritable défi. Perché à plusieurs mètres de hauteur, il se retrouve systématiquement en position de contrejour et son pelage noir devient alors difficile à mettre en évidence. Il faut donc espérer une occasion où le singe soit assez bas dans son arbre, avec une lumière rasante sur son visage…


Lorsqu’il ne rugit pas comme un lion, le singe hurleur est plutôt paisible. Largement folivore, il passe de longues heures à digérer les feuilles coriaces qu’il ingère. De nombreuses bactéries dans son estomac l’aident d’ailleurs à assimiler la cellulose des végétaux. Il est donc plus facile d’observer un groupe d’alouates au repos qu’en pleine démonstration acrobatique en haut des arbres !

mardi 29 décembre 2009

Les crocs du crocodile


Que ce soit dans la baie de Chetumal, dans les marais de El Eden ou dans les rivières de Montes Azules, nous nous retrouvons régulièrement sur le territoire du plus grand prédateur des eaux douces d'Amérique centrale : le crocodile. Tout droit sorti de la préhistoire, ce gros lézard inspire bien plus la terreur que l'admiration mais nous éprouvons une certaine excitation à chaque fois qu'il entre dans le cadre de notre appareil photo...


Pour observer ces reptiles, le plus simple consiste à longer les berges d'une rivière en barque : lorsque la température s'élève, les crocodiles végètent au bord de l'eau et font le plein d'énergie solaire. Deux espèces se distinguent ici : le crocodile américain (Crocodylus acutus) et le crocodile de Morolet (Crocodylus moreletii).


Depuis notre arrivée au Mexique, le crocodile de Morolet est celui qui se laisse le plus facilement observer (en photo ici). Son aire de répartition étant limitée au sud du Mexique, au Belize et au Guatemala, nous n'aurons pas l'opportunité de le photographier à chaque étape de notre périple. Plus petit et moins dangereux que le crocodile américain, il se distingue du caïman (que nous vous présenterons plus tard) par le fait que les dents de sa mâchoire inférieure sont visibles lorsque sa gueule est fermée. Alors compter les crocs du crocodiles, oui, mais avec une bonne distance de
sécurité !

mercredi 16 décembre 2009

En danger d'extinction


Depuis 1973, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) a mis en place un système de trois annexes (I, II et III) pour classer les espèces les plus touchées par ce trafic. Les espèces classées en annexe I sont celles dont la survie est la plus compromise, entre d'autres termes celles qui sont menacées d'extinction. Le jaguar, le tapir de Baird, l'aigle harpie, le crocodile de Morolet ou la tortue blanche, présentée aujourd'hui (Dermatemys mawii), sont quelques espèces emblématiques de l'Amérique centrale qui font partie de cette sinistre liste. Il y en a malheureusement plusieurs centaines d'autres...


Seule représentante de sa famille, la tortue blanche fréquente les eaux douces du sud du Mexique jusqu'au Honduras. Pouvoir photographier cette espèce dans son milieu naturel est devenu rare. Nous la rencontrons dans l'une des rivières qui découpent la forêt de Montes Azules. La tortue nage alors le long des berges, sans doute à la recherche d'un site pour pondre ses œufs car elle est en période de reproduction.


A peine la tortue repérée, le jeune mexicain qui pilote notre embarcation se jette à l'eau pour l'attraper et nous offre ainsi l'occasion de la photographier sous toutes ses coutures. Ce reptile est peu connu chez nous mais la qualité gustative de sa chair et de ses œufs l 'ont rendu plus célèbre en Amérique centrale, au point de menacer son avenir. Aujourd'hui, son commerce est totalement interdit.

lundi 7 décembre 2009

Un équilibriste au poil

Crocodiles, toucans, singes hurleurs… Notre séjour au centre de conservation du Ara macao (message précédent) nous permet d’observer de nombreuses autres espèces. La plus grande surprise est notre rencontre avec un curieux mammifère nocturne arboricole d’environ 50 cm : le kinkajou (Potos flavus). Ce soir là, vers 20 h, il passe juste devant notre cabane à moins de cinq mètres de hauteur. Une occasion unique de photographier cet animal si difficile à traquer dans son milieu naturel.


L’aisance remarquable de cette petite boule de poils à évoluer dans les arbres et sa jolie petite tête ronde ont autrefois trompé les scientifiques qui ont vu en lui une sorte de singe, un lémurien plus exactement. Le kinkajou est doté d’une longue queue préhensile qu'il utilise pour se suspendre aux branches, de doigts capables de saisir la moindre petite brindille en se refermant totalement dans la paume de la main et d’articulations particulières aux genoux et aux coudes qui lui permettent de descendre la tête en bas le long d’un tronc.


Toutes ces adaptations ne font pas de lui un primate pour autant. En réalité, le kinkajou appartient à la même famille que le raton-laveur ou le coati et fait donc partie, au même titre que le tigre, l’ours brun ou le loup, de l’ordre des carnivores. Et là encore, ne pas se fier aux apparences car plus des trois quarts de son alimentation est composée de fruits, de nectar ou de feuilles. Son régime alimentaire en fait un excellent disséminateur de graines et de pollen dans la forêt tropicale.

dimanche 22 novembre 2009

Des rubis dans les arbres


Dans la région du Chiapas, les grands arbres de la forêt tropicale humide de Lacandone règnent en maître. Cette zone, et plus précisément la réserve de Monte Azules, est le dernier sanctuaire mexicain du splendide Ara macao. C’est ici que 40 familles ont fondé l’ejido (terres exploitées en commun) de Reforma Agraria et ont débuté un projet de conservation en faveur de cet oiseau, menacé d’extinction par la déforestation et le braconnage. Pour favoriser la reproduction de ce grand perroquet écarlate, les membres de la communauté installent des nids artificiels en haut des arbres, comme dans ce « ceiba ».


Ces aras sont des espèces monogames : ils vivent en couple dès leur quatrième année et resteront fidèles jusqu’à leur mort...soit 50 ans de vie commune ! Leur période de nidification s’étend de décembre à juin et il devient plus facile de les observer près du village durant ces mois. Néanmoins, dans notre secteur, certains couples semblent déjà rechercher l’arbre qui accueillera leur progéniture (2 à 4 œufs par an). Nous avons donc la chance de contempler ces magnifiques volatiles perchés dans le vert saturé des arbres, prêts à s’envoler au couché du soleil.

samedi 7 novembre 2009

Du poil aux pattes

Un corps de 10 cm orné de longues pattes velues et de deux crochets saillants. Difficile de tomber sous le charme face à une mygale! Il n´y a pourtant pas grand chose à craindre de ces araignées qui ont fait l´objet de nombreux mythes. Les cas de morsure sur des êtres humains sont rares et aucune espèce en Amérique n´est mortelle. Au fur et à mesure de nos étapes mexicaines, nous avons appris à reconnaître l´une d´entre elles jusqu´à planter la tente à ses côtés : la mygale à croupe rouge (Brachypelma vagans).

Cette tarentule (les 2 termes désignent les mêmes araignées) ne passe pas la journée sur une toile suspendue au-dessus du sol. Elle est au contraire terrestre et s´enterre dans son terrier, à quelques centimètres de profondeur. Un creux sous un rocher ou le long d´un tronc d´arbre peut aussi faire son bonheur. La nuit venue, elle devient un prédateur redoutable. Postée près de son gîte, elle reste immobile en attendant le passage d´un insecte, d´un lézard ou même d´un petit rongeur : la morsure dont sera victime la proie est synonyme d´une mort certaine.
La tarentule est aussi capable de projeter les poils urticants de son abdomen grâce à ses pattes postérieures. Fortements irritants, voire mortels pour de petits rongeurs, ils constituent un excellent moyen de défense. Aujourd´hui, chaque mygale croisée durant nos balades naturalistes nous fascine un peu plus...